
택견 T'aekkyŏn
Le Taekkyon (택견, aussi romanisé taekyon, taekyun, taekgyeon ou encore taekkyeon, se prononce comme « tèkyone » avec un long ‘k’ marqué d’une courte pause) est un art martial traditionnel et jeu folklorique coréen qui a été développé tout au long de l’histoire de la péninsule coréenne et peut être considéré de par son histoire comme la forme originelle de tous les arts martiaux coréens à mains nues.
Seul art martial coréen a avoir été reconnu comme trésor culturel intangible important en Corée du Sud en 1983 (중요무형문화재 제76호), le Taekkyon est devenu en 2011 le premier art martial au monde a avoir été inscrit par l’UNESCO en tant que patrimoine immatériel de l’humanité. De plus, le Taekkyon a été approuvé par le Comité olympique sud-coréen en 2001 et des compétitions nationales ont lieu chaque année en Corée du Sud. Activité vraiment accessible, la compétition touche tous les âges : des jeunes aux seniors.
Le Taekkyon est souvent considéré comme l’ancêtre, le « grand-père » du Taekwondo (跆拳道 태권도 taegwondo). Il présente pourtant de nombreuses différences avec celui-ci tant au niveau des règles de compétition et des techniques employées que dans l’état d’esprit. Ainsi par exemple, au Taekkyon les joueurs doivent faire preuve d’une certaine hospitalité envers leur adversaire (대접 daejeop) pour faciliter son attaque.
Présentation technique
Les principales techniques de Taekkyon sont composées de coups de pied bas, médians, hauts et sautés, de fauchages et balayages, de saisies et de poussées à l’aide des mains et des bras.
En compétition, les coups de pied doivent être donnés de manière poussante (는지르기 neunjireugi) avec un mouvement elastique des hanches (능청 neungcheong) combiné à une flexion-extension de la jambe d’appui (굼실 gumsil), ce qui permet de réduire le choc de l’impact et de pousser l’adversaire. Cette manière traditionnelle de frapper demande précision et contrôle et permet de se passer d’équipements de protection rembourrés.
L’objectif principal au Taekkyon est de faire tomber l’autre joueur ou de le pousser à la tête d’un coup de pied, sans recherche d’un KO.
Les trois facettes de l’art martial
1. Le jeu et sport de combat traditionnel descendant du jeu folklorique (민속놀이 minsok nori) Kyollyon Taekkyon (결련택견 gyeollyeon taekgyeon) qui existait encore jusqu’au tout début du XXème siècle, organisé habituellement lors des fêtes traditionnelles (Chuseok, Dano, Chopail…) et qui pouvait durer plusieurs jours d’affilé.
2. Les techniques de yetbeop (옛법) qui sont interdites en compétition et destinées à diminuer les aptitudes à combattre d’un adversaire. Plus adaptées à un contexte de self defense, elles sont composées principalement de percussions aux points vitaux / sensibles (急所 급소 geupso).
3. La pratique gymnique . SONG Dok-Ki qui a retransmis le Taekkyon après avoir survécu à l’occupation japonaise (1910-45) et à la guerre de Corée (1950-53) a pratiqué avec grande vivacité et souplesse jusqu’à la fin de ses jours à 94 ans.
Rédigé par Jean-Sébastien Bressy. MàJ Mar 2012. Demander l’accord de l’auteur avant de reproduire tout ou partie de ce document.

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